Edito
Carnet de Festival - Arras jour 2

Arras jour 8. Mon second. Il est peut-être neuf heures lorsque je me décide enfin à m’asseoir en face d’une de mes machines d’emprunt. Un ipad ou un laptop presqu’aussi vieux que moi pour écrire de nombreuses pages. J’opte pour l’ipad. Bel objet. Mes deux premiers papiers (The Fool et Fair Play) coulent comme du sang alcoolisé. Les deux films non sans défauts m’ont beaucoup plus. Déjà l’épaisse vapeur du festival s’empare de mes narines. Il sera question de communisme et d’engagement mais surtout de libertés avortées. Ma crainte : d’interminables films à thèse, souvent pesants. Lourds les films le sont mais dans le noble sens du terme. Imposants pourrait-on dire.

Rapidement, presque sans le vouloir et loin de toute recherche de vérité nostalgique, je replonge dans ma journée précédente. Belle entrée en matière. Cette seconde journée s’annonce plus frileuse. Face aux deux expériences connues la veille, les trois films de mon programme grisent un peu la mine.

Monument to Michael Jackson

A 14h et après un copieux repas, je m’engage dans un film serbe. Une comédie. Pas franchement drôle. Monument to Michael Jackson se veut burlesque mais s’évite toute complication. Le film est clair, trop clair et laisse passer son véritable sujet : un road movie au milieu de nulle part aux trousses de Michael Jackson ou de son ersatz en bronze. Le metteur en scène choisit un cinéma plus calme, plus anodin et rarement drôle mais surtout engage le propos. Alors tombe la thèse redoutée. Je reconnais cependant un certain regard attendri (plus qu’attendrissant) sur un homme et ses rêves impossibles. Dans cet élan, le film trouve sa place dans l’humeur festivalière. Au milieu de nulle part Jackson ne décolle pas. Il tombe, il s’écrase. Je ne suis pas grand client de ce cinéma. Bon...

Quod Erat Demonstrandum

J’oublie bêtement Bota que je voulais pourtant voir mais faute de bonne organisation je ne le verrai pas avant une hypothétique sortie en salles. Tant pis. Et puis pas tellement le temps de me morfondre, il est déjà 19h, je dois voir Quod Erat Demonstrandum. J’en ai vu quelques images, plutôt aguicheuses. Le film est roumain, sans couleurs et sur un mathématicien. Pas de signe de croix. Je fonce. Stupeur le film est esthétiquement magnifique, somptueux mais d’une froideur et d’un ennui sans fond. Impossible pourtant de rejeter le film. Il est très maîtrisé comme une longue équation cinématographique dont l’inaccessibilité n’aurait d’égal que sa beauté. Une image noir et blanche et grise caressant au fil du métrage le sublime. C’est le côté le plus éblouissant et touchant du film, voir comme il laisse entrer la lumière et le calme entre deux poutres porteuses bloquant jusqu’alors les personnages dans leur condition. Le film est beau dans ce regard bienveillant qu’il pose sur ses êtres enfermés, dont il sait que certains devront s’abandonner pour laisser d’autre vivre, avancer. Ça parle quand même beaucoup trop, d’une langue verbeuse et pas la mienne. Les accroches sont glissantes. Quand on ne m’aime pas, je ne rends pas d’amour non plus. Le fond : Il ne fait pas bon vivre sous Ceausescu. Tiens donc... Mais une nouvelle fois, ce qui s’apparente au festival des rêves oubliés, trouve peut-être, ici, l’un de ses plus fidèles objets.

La Pause prévue est donc plus que bienvenue. 21h30 et je vais voir une comédie romantique suisse sur fond de Folk-Country. Le film ne paie pas de mine et c’est sa force. Il ne se veut pas grand mais sympathique. Ce qu’il est d’une certaine manière. Le mec a une bête voix mais les guitares sonnent du tonnerre. Je respire. Le film ne vole pourtant pas bien haut mais j’aime les losers surtout quand ils sont musiciens. Pas d’ennui. Le rire de la salle. Parfait pour terminer la journée.

Avant le film, Audrey (grâce à qui je suis ici) m’aura proposé un drink avec les invités du festival, à minuit. Il y a du retard. Une histoire de débat d’après séance. Pas grave, j’attends. Vers 00h20 je rencontre (pour la première fois) quelques-uns de mes semblables, de mes collègues. Nous traînons cordialement (et au gré de quelques verres) la conversation jusqu’à deux heures passées et rentrons ensuite dans nos chambres respectives. Je suis fatigué. Mon voisin de chambre tousse comme jamais. Une chose est sûre, je ne dormirai pas beaucoup.

Arras jour 1

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Critique mise en ligne le 16 Novembre 2014

AUTEUR
Lucien Halflants
[127] articles publiés

Rédacteur aux textes ouverts à travers une forme souvent lyrique. Et puisqu'en matière de...
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