Edito
Carnets de Festival - Arras jour 1

Après  des heures de trajets et d’attentes, (Arrêts à Bruxelles, ma seconde cité, ma ville d’adoption et à Lille, aux grandes étendues, reconnues, déja visitées) j’arrive au Festival d’Arras. Septième jour. Mon premier. Il semblerait que j'ai fantasmé les précédents. Je n'aurais donc pas dîné avec Stephen Frears et les yeux d'Asia la douloureuse n'auront jamais rencontré les miens, ni ses lèvres, ni rien du tout. Dehors, derrière les nuages, le soleil se cache comme pour inciter tout Arras à s’enfuir dans les salles obscures. J’aime ces ambiances qui n’offrent la tristesse que pour mieux s’y dérober. En fait, j’aime la mélancolie et Arras, grisonnante ville de province noyée d’espace et de lumières, semble se prêter au jeu.

Fair-Play

Oui, le festival arrive de l’Est, traversé par la grisaille, empreint d'une certaine gravité. Bref, ça s’annonce triste et sombre. Je vais aimer ça.

19h. Ou 10-15 minutes plus tôt. Je fuis le froid et m’engouffre dans la salle 1 du cinémovida, où il semblerait que se passe la compétition. Andrea Sedlackova, l’ex-monteuse et réalisatrice du film vient présenter Fair Play. C’est un film sur le dopage, dit-elle. La confiance cyclothymique de l’artiste... C’est bien plus que ça. On y embrasse des corps malades quoique musclés et sensuels, le communisme qu’on chérit (par obligation) puis qu’on vomit au gré des idéaux. Bref, un très beau film, envoûtant. Je reste pour le débat. La réalisatrice désormais consciente d’un public visiblement conquis (pour ceux qui seront restés) dévoile ses cartes. Elle discourt sur les véritables enjeux de son métrage. Elle revient souvent sur le combat et sur la nécessité de ne jamais courir à la facilité. Garder la tête haute dans les conflits moraux, physiques, politiques.


The Fool

Il est maintenant 21h15. J’ai faim. La prochaine séance, celle de The Fool, démarre dans quinze minutes. Tant pis, je me laisserai avoir faim encore deux heures. Et puis, si le film est bon... La salle est bien moins remplie qu’une heure plus tôt. The Fool démarre après une rapide introduction, plutôt élogieuse. Je m’impatiente. 1h56 plus tard, je viens de me prendre toute la violence du monde dans la gueule. J’imagine que tout le monde n’a pas aimé. Les idiots, me dis-je. Au-delà de la caricature visiblement incontournable de la société russe, le film développe une véritable symphonie de la misère. L’immuabilité des miséreux, face au dirigeants véreux, condamnés à ne pas voir, à ne pas croire ou à ne jamais penser. Je suis sonné.

Festival d’Arras. Septième jour. Mon premier. L’accueil fut magnifique, l’organisation plus encore. La ville et le soleil, eux, paraissent éteints. Voilà, l’occasion de plonger tête la première dans ces univers que j’aime tant, enrobants ou détestables, plus grands que nature. Ceux du (des) cinéma(s).

 

Réalisateur : (Indisponible)

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Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 14 Novembre 2014

AUTEUR
Lucien Halflants
[130] articles publiés

Rédacteur aux textes ouverts à travers une forme souvent lyrique. Et puisqu'en matière de perce...
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