Edito
Carnets de festival - PIFFF jour 5

C'est déjà l'avant-dernier jour du PIFFF avec 2 films au programme. Je débute la journée avec Starry Eyes de Kevin Kolsch et Dennis Widmeyer. Le film était précédé d'un court-métrage La Liberté Gamin de Thomas Creveuil et Sylvain Biard. Je suis toujours étonné de voir ce genre de court-métrage où pendant 20 minutes il ne se passe rien. Comment peut-on faire un film aussi vide ? Pourquoi s'octroyer un espace d'expression pour dire aussi peu ? La Liberté Gamin est un sempiternel court post-apocalyptique où deux mecs portant des masques à gaz s'ennuient à mourir dans une usine désaffectée en regardant le soleil. Quelques jolis plans ne sont pas suffisants pour créer une narration, une émotion ou quoi que ce soit d'autre. J'imagine que les réalisateurs se sont inspirés de Tarkovski et Stalker mais le sentiment qui subsiste à la fin est l'incompréhension devant cet essai prétentieux et mortellement ennuyeux. Mauvaise pioche.

Heureusement le film qui suit Starry Eyes est sans doute un des moments forts du festival. Une actrice qui tente de percer à Hollywood passe un casting pour jouer dans un film d'horreur. On la rappelle pour une seconde audition et à mesure qu'elle se rapproche du graal, elle sombre dans une folie aussi psychologique que physique. Comme le précise le catalogue du festival Starry Eyes se situe entre Cronenberg (une scène rappelle fortement La Mouche) et Possession de Zulawski (une autre est très proche de la mythique scène du métro de Possession). On peut y ajouter un soupçon de Rosemary's Baby pour couronner le tout. Dominé par la prestation intense de la nouvelle venue, Alex Essoe qui ne se ménage pas, le film propose un portrait de femme qui se décompose littéralement sous nos yeux. Ce n'est pas tant une critique du microcosme hollywoodien, qu'un long cauchemar qui se fait de plus en plus intrigant jusqu'à sombrer dans l'horreur la plus totale. C'est très efficace surtout que la mise en scène des deux réalisateurs est vraiment inspirée, une poignée de scènes restent en tête après le générique grâce à un excellent montage et une manière frontale de mettre en scène la transformation progressive de l'héroïne. Le film met mal à l'aise, parvient à régulièrement surprendre et s'avère assez jouissif. Cependant tout n'est pas parfait dans Starry Eyes. En effet, en plus de porter des références un peu trop littérales dont il parvient difficilement à se défaire on ne peut s'empêcher de trouver l'ensemble finalement très vide de sens, s'éparpillant un peu dans toutes les directions sans véritablement raconter quoi que ce soit de tangible. Ça me donne l'impression d'un empilement de séquences fortes mais difficiles à relier ensemble. La fin,  visuellement réussie et assez marquante, finit d'enfoncer le clou. Plaisant mais au final plutôt inconséquent. Il faudra penser à écrire un scénario pour le prochain. Toutefois vous pouvez noter les noms de Kolsch et Widmeyer dans vos carnets des réalisateurs à suivre.

Je termine la journée avec Spring d'un autre duo de réalisateurs américains (c'était donc la journée des films réalisés par des duos), Justin Benson et Aaron Moorhead. Deux mecs très sympas qui sont venus présenter le film avec beaucoup d'humour et d'autodérision. Spring, c'est l'histoire d'Evan, jeune californier qui vient de perdre sa mère et qui décide de partir en Italie pour se changer les idées. Sur place il rencontre Louise une jolie napolitaine avec laquelle il commence à sortir. Petite amourette fantastique, Spring est malheureusement totalement raté. Car le fantastique est renvoyé loin derrière le récit principal. Les auteurs n'ont pas le talent nécessaire pour écrire une histoire d'amour vibrante et attendrissante. Les dialogues sont très mauvais. Résultat,  je m'ennuie poliment devant ce qui ressemble plus à une comédie romantique médiocre qu'à un film fantastique. Pourtant quand émerge l'aspect fantastique il est immédiatement très prometteur, je me réveille un peu sur mon siège (après sans doute plus d'une heure de film...) en me disant que le film va bifurquer de fort belle manière. Que nenni ! Au lieu d'exploiter toute la poésie et le romantisme de leur postulat, les deux auteurs se lancent dans une écriture très littérale et scientifique pour expliquer les phénomènes surnaturels? Ça gâche totalement le potentiel merveilleux de leur idée. Une fort belle idée qui donne à cette amourette un aspect mythologique et follement romantique. Mais incapable de l'écrire, ils se plantent dans les grandes largeurs en nous tartinant un galimatias pseudo-scientifique et ridicule. Les réalisateurs eux s'amusent visiblement comme des petits fous avec des plans de drones qui survolent la ville et passent dans les ruelles. De jolis plans qui ne masquent en rien l'indigence de l'écriture. Ça rappelle un peu I, Origins de Mike Cahill dans ce mélange de science, de romantisme et de fantastique, mais ce dernier était beaucoup plus réussi. Je garde en mémoire la très jolie Nadia Hilker (une allemande d'ailleurs qui joue très bien l'italienne) qui malgré des dialogues abscons parvient à nous séduire dès sa première apparition. Vous pouvez noter son nom (ainsi que celui d'Alex Essoe de Starry Eyes) dans vos carnets des actrices à suivre.

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 23 Novembre 2014

AUTEUR
Grégory Audermatte
[175] articles publiés

"Schizophrène cinéphile qui s'éclate autant devant The Hobbit que devant un  B&...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES