Edito
Carnets de festival - PIFFF jour 6

Clap de fin pour cette quatrième édition du PIFFF. Lors de la cérémonie de clôture plusieurs films ont été récompensés. Deux court-métrages qui ont reçu un prix ont été diffusés dans la foulée. Le court-métrage français gagnant le prix du jury et du public était Puzzle de Rémy Rondeau. Philippe Laudenbach y incarne un vieil homme veuf qui s'ennuie en faisant des puzzles. Un jour il en trouve un sur le pas de sa porte. Un puzzle mystérieux et inquiétant. Je n'ai pas été séduit par ce petit film d'horreur trop classique, trop lent, ne racontant in fine pas grand chose au-delà de son pitch. Le court-métrage international récompensé était The Boy with a Camera for a Face de Spencer Brown. L'histoire est résumée dans son titre, un enfant naît avec une caméra à la place de la tête. Film très poétique (la narration en voix-off est en vers d'ailleurs) et très charmant qui navigue entre la naïveté du conte et la noirceur de l'allégorie. Une réussite. Le long métrage remportant « l'oeil d'or » (qui est un prix du public) a été pour moi une grande surprise puisque c'est Spring d'Aaron Moorhead et Justin Benson que je n'ai pas beaucoup apprécié. C'est d'autant plus surprenant que le superbe The Duke of Burgundy ou le percutant Starry Eyes sont très largement au-dessus de cette romance fantastique grossière et puérile. Mais on se souvient que l'année dernière c'était pareil, le dispensable Cheap Thrills avait gagné face à L'étrange couleur des larmes de ton corps de Cattet et Forzani et Real de Kyoshi Kurosawa. C'est toujours assez triste à dire mais il faut bien reconnaître que les prix du public sont souvent les prix les moins intéressants. Spring en tout cas ne marquera pas le genre et sera bien vite oublié. Peut-être faudrait-il songer à créer un jury long-métrage pour les années à venir afin de donner un peu de panache et de légitmité à un palmarès sinon sans intérêt ?

Le film de clôture était Tusk de Kevin Smith. Pour faire court c'est tout simplement le pire film vu au PIFFF durant ces 5 jours. C'est catastrophique. Il faut déjà rappeler que Tusk est l'adaptation d'un podcast que Kevin Smith avait fait sur Internet où, avec un pote, ils avaient imaginés ce film au pitch improbable (que l'on ne vous révélera pas pour ne pas gâcher la surprise). Ce podcast est d'ailleurs diffusé pendant le générique de fin où les deux potes se marrent comme des baleines en imaginant le film le plus con du monde.  Quand on voit le résultat on réalise que le foutage de gueule est total. Ce n'est jamais drôle (ou à de très brèves reprises), c'est ennuyeux à mourir (c'est extrêmement bavard pour ne rien dire) et surtout Smith est incapable de trouver le ton juste. Il y a bien une tentative dans la première partie de jouer sur le malaise dans un dispositif à la Misery mais ce sera vite évacué pour sombrer dans un pseudo délire qui se veut trop WTF. Et ce n'est pas l'arrivée tardive d'une guest star mondialement connue qui viendra changer quoi que ce soit, bien au contraire ! Ladite star se retrouve à jouer une caricature d'elle-même avec un accent insupportable. Pour situer le niveau du film, on y découvre une scène qui se déroule au Québec avec un personnage portant un béret et de la musette en fond sonore. Voilà le niveau sratosphériquement bas de ce navet informe et ridicule. Quand en plus il se permet d'avoir une espèce de conscience morale et de propos humaniste on est pas loin de rendre son quatre heure. Bref c'est triste de terminer le festival par un film aussi abyssalement mauvais. Mais une fois de plus les applaudissements étaient nourris et le public, ce même public qui récompense Spring plutôt que The Duke of Burgundy, a semble-t-il été séduit.

Quoiqu'il en soit bravo aux organisateurs pour ce chouette festival qui comme l'ont rappelé les organisateurs ne bénéficie pas de soutiens officiels de la ville et de la région et doit donc se battre chaque année pour réunir le budget nécessaire afin de nous proposer ces 5 jours de films fantastiques. Un véritable travail de passionné. Bravo à Fausto Fasulo qui a toujours une excellente manière de présenter les films, en apportant la petite info sur le réalisateur, sur les influences, sur le contexte de production sans jamais trop nous en dévoiler (je reste traumatisé par la présentation de Moebius de Kim-ki Duk à l'Etrange Festival où l'on nous avait littéralement spoilé une scène clé du film...). Bref chapeau à tout le monde c'était très agréable. Et ils peuvent sans aucun problème compter sur le Passeur Critique pour être fidèle au rendez-vous l'année prochaine.

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Critique mise en ligne le 24 Novembre 2014

AUTEUR
Grégory Audermatte
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