Edito
Courts aux Oscars

Feral de Daniel Sousa

Nous pénétrons une porte par l'embrasure de la serrure, puis une bouche armée de dents nous avale. Le monde change. Une biche est arrêtée en pleine course puis déchiquetée par les loups. Ils hurlent et le film s'envole. Plus loin, derrière un arbre, un enfant regarde la scène. Il observe tout la beauté de l'horreur, la cruauté d'un environnement dont il croit faire partie. Mais l'enfant est humain, ses cris poussifs n'y changeront rien. Ramené à l'étroitesse de la société par un chasseur solitaire, il doit s'adapter aux normes scolaires. Mais les cours de récréation résonnent en prisons. L'enfant est un animal, la forêt sa maison. Qu'importe la façon, il y retournera, fût-il poussière dans le vent. Sublime. (nominé aux Oscars)

Get a horse ! de Lauren MacMullan

Alors que l'écran se fend et que le large trait noir se dissipe, Mickey Mouse troque sa condition de cartoon pour un relooking total, images de synthèse à l'appui. Mais le personnage de fiction ne respire que derrière la surface réfléchissante, l'écran luminescent, la toile blanche de la salle noire. Jolie vision d'un renouveau du cinéma, approche du relief et du lien direct entre les deux faces de l'écran comme une fenêtre sur le monde. (Animé ou pas.) Classique revisité, mise en abyme implosée. (nominé aux Oscars)

Possessions de Shuhei Morita

La pluie s'abat sur les nerfs à vif d'un homme en plein effort. L'orage filtre la forêt qu'il arpente. Éreinté, il s'arrête dans une maison au cloisons légères semblant flotter sur les vagues de racines. Il s'y repose jusqu'à ce que plusieurs outils, parapluies et ombrelles, alors dotés d'une âme, lui demandent tacitement de l'aide. Ils sont abimés et lui doué de ses mains... Métaphore en filigrane du travail de l'artiste, de l'artisan ou du travailleur forcené. Le film passe comme un songe qu'il semble être. (nominé aux Oscars)

Room on The Broom de Max Lang and Jan Lachauer

L'enfance c'est la recherche de la découverte, ou la découverte de la recherche. Les approches sont liées. L'une et puis l'autre, ou l'inverse. Il est donc logique de retrouver régulièrement l'enfance au cinéma sous formes de recherches et d'avancements, de compréhension de la vie à travers les miettes tombées de plus haut. D'une table où les grands joueraient à laisser des indices pour leurs poursuivants, leurs enfants. Room on the Broom est une de ces miettes, 25 minutes d'étoiles contées aux yeux des plus petits. (nominé aux Oscars)

Subconscious Password de Chris Landreth

Un nom, ça s'oublie vite. Ça s'oublie vite et on met du temps à s'en rappeler. Trente secondes dans un bar, un oubli, un questionnement et puis dix minutes dans la tête en fonction d'un homme perdu dans ses pensées. Pénombre psycho-réaliste parfois terrifiante, comme les esprits peuvent l'être souvent.

A La Française de Julien Hazebroucq, Emmanuelle Leleu, Morrigane Boyer, Ren Hsien Hsu et William Lorton

Versailles caquette et les poulettes claquettent. Mais bonnes manières il y a lorsque au clair des miroirs la basse court se fait bourgeoise. Amusante vision d'une animalerie gallinacée avide d'atticisme désincarné.

The Blue Umbrella de Saschka Unseld

Des centaines de parapluies animés aux mines boudeuses observent New-York au travers des gouttes. La déprime guette chaque gouttière déversant les larmes du ciel, alors que ceux-ci ne pensent qu'à protéger les corps qui les portent. Puis arrive la joie, un bleu roi pétillant et s'effacent les pleurs, un rouge fécond et voilà l'amour. Rencontre des toiles et mariage des couleurs. Merveilles et fantaisie, il surplombe la grisaille ce film d'ombrelles à pluie.

N.B. Les parapluies vivants semblent être une thématique récurrente de la sélection.

Mr. Hublot de Laurent Witz et Aexandre Espigares

Dans un moyen âge futuriste les carrioles électriques bousculent le pavé. Mr Hublot, silencieux humain mécanique observe avec rythme l'extra-ordinaire métropole qu'il habite. Jusque sur le front, il sent le temps couler. C'est alors qu'un chien de métal s'installe dans sa vie. Dès lors les secondes semblent moins compter. Peut être pourront-ils humaniser cet imaginaire capitaliste, cet ennui de sciences automatiques... Mais l'animal grandit pour devenir monstre de ferraille. L'homme devra faire un choix. (nominé aux Oscars)

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Critique mise en ligne le 01 Mars 2014

AUTEUR
Lucien Halflants
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Rédacteur aux textes ouverts à travers une forme souvent lyrique. Et puisqu'en matière de perce...
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