Edito
Gérardmer 2014 : Tout sur les films en compétition

Dossier Gérardmer 2014

De l'horreur pur jus, des drames intimistes, du délire geek... La sélection est éclectique et a déjà fait le bonheur ou le malheur de nombreux festivaliers de par le monde. Le Passeur a déjà vu deux des huit films sélectionnés.

L'édition 2014 du festival de Gérardmer sera-t-elle celle de LA découverte du petit (ou du plus grand) film, à même de réunir critiques, fans hardcore et grand public, lui assurant un coup de projecteur salvateur, voire une sortie dans un nombre substantiel de salles ?

Tour d'horizon de ce qui se sait et de ce qui se dit de la sélection officielle...

Vieilles recettes au goût du jour

Ecrire que j'ai une affection pour Ti West serait à peine exagéré. The Sacrament est une de mes plus grosses attentes à Gérardmer. Petite génie du genre, West nous a déjà délivré deux petites perles (The House of the Devil et , moins bon, The Innkeepers) et participé aux récents (avec moins de bonheur...) V/H/S et The ABC of Death. The Sacrament a déjà bourlingué dans pas mal de festivals et le buzz est positif. Deux journalistes suivent leur ami bien décidé à retrouver sa soeur, échouée dans une communauté religieuse tenue par un chef charismatique... Il y a un petit avant-goût d'Apocalypse Now dans The Sacrament, même si certains reprochent au réalisateur le choix d'une shaky cam, collant à la vague déjà un peu périmée des found footages.

Ablations est le premier film d'Arnold de Parscau. Scénario de Benoît Delépine et casting de premier choix : Denis Ménochet, Virginie Ledoyen, le roi Philippe Nahon (qui incarne un chirurgien maléfique) et Yolande Moreau (l'assistante du chirurgien maléfique). Dans un terrain vague, un homme se réveille avec un rein en moins et une cicatrice dans le bas du dos. Dans ce tout ou rein, Le VRP va tout faire pour retrouver son organe... Déjà auteur de courts plus qu'honnêtes (le rigolo Petite Soirée Ecourtée chez M. Vaillant et le gore onirique Tommy), de Parscau nous promet un film plutôt viscéral et noir que tripatouillant et rouge sang. Les premières images sont prometteuses, nous dévoilant une Virginie Ledoyen magnifiquement éclairée par le chef-op François Catonné (ouf... on évite le syndrome téléfilm du vendredi soir sur France 2...). Espérons que le pitch excitant tienne la route le temps du long-métrage, le duo Delépine-Kervern n'étant pas le plus vaillant pour tenir ses scénarios sur la longueur.

Horreur intimiste et familiale

Dark Touch a déjà écumé les festivals et, il faut le reconnaître, ne recueille pas énormément de suffrages. Moqué par la plupart des spectateurs en dehors de la France, il suscite quelques (modestes) éloges à l'intérieur de nos frontières, à l'instar de Grégory qui l'a vu à l'Etrange Festival et qui nous en fait une critique plus que nuancée. L'histoire de Neve (Missy Keating), petite fille rescapée du massacre familial peine à intéresser... Entre effets gore, psychologie de l'intime et surnaturel, pas sûr que le nouveau film de Marina de Van, « sous-Carrie pseudo-intello » pour certains (aïe... aïe), suscite la compréhension d'un vaste public (et du jury?), tout comme son précédent effort Ne te Retourne Pas. Ce dernier mérite pourtant d'être reconsidéré, la carrière de la réalisatrice esquissant de plus en plus un cinéma de genre intimiste et cérébral...

Depuis World War Z, on en a marre des zombies. Telle une figurine vintage, la bestiole ne fait plus peur à personne, ne fait plus rire personne... Il fallait trouver un nouvel angle pour faire vivre le genre. Sabu fait de sa Miss Zombie (incarnée par la jolie Ayaka Komatsu) une domestique dans un Japon du futur proche. Livrée en cage, la morte-vivante suscite opprobre dans le voisinage mais moins dans sa famille d'accueil. L'inscription du zombie dans le quotidien d'une famille banale détermine donc un film lent, stylisé, parcimonieux en dialogues et, pour la plupart de ceux qui l'ont vu, aucunement maniéré et ennuyeux. Filmé en noir en blanc, Miss Zombie, également présenté à l'Etrange Festival, revient aux fondements romeriens (Romero hein ! Pas Rohmer...), à savoir un propos politique sur l'emprise et la différence.

The Babadook de Jennifer Kent a été présenté il y a quelques jours au festival de Sundance. Amelia (Essie Davis) vit seule avec son fils Samuel (Noah Wiseman), sujet à de turbulents cauchemars. Quand apparaît mystérieusement dans sa bibliothèque le livre Mister Babadook, la mère et le fils y voient l'origine de leurs malheurs... Jennifer Kent, par ailleurs actrice, a pondu en 2005 un magnifique court, Monster (jetez-y un oeil immédiatement : 10 minutes parfaitement maîtrisées). Les échos de Sundance sont élogieux, mettant en avant un casting impeccable et l'élégance de la narration, entre peur frontale et frissons suggérés, entre réalité et imagination. Un des favoris ?

On reste dans la sphère familiale, décidément mise à l'honneur cette année, avec We Are What We Are de Jim Mickle. Remake d'un film mexicain, lui aussi présent en compétition à Gérardmer il y a quelques années, il a beaucoup partagé les festivaliers de Cannes et Deauville en 2013. Jérémy l'a vu à Cannes pour le Passeur et son avis est pour le moins tranché... Ce qui est finalement assez évident pour une bobine traitant sans complexe de cannibalisme. D'autres estiment l'effort plus réussi que l'original. Peut-être que le froid vosgien fera ressortir quelques qualités à cette bobine...

Du fun pour les fans

Rien de très fun jusqu'à présent... C'est peut-être Rigor Mortis qui réveillera les festivaliers. Première réalisation de Juno Mak, qu'on a connu chanteur, styliste et acteur (un Zoolander hongkongais en somme), le film se veut un hommage aux Jiangshi, ces films de vampires produits à la pelle à Hong Kong dans les années 80. Cinéma hautement référentiel donc puisqu'on retrouve au générique des acteurs de l'époque, abonnés au genre (Chin Siu-Ho, Anthony Chan Yau). Violence graphique réjouissante, jolies tatanes et effets spéciaux au service donc d'une nostalgie décomplexée. Un vrai film de festival qui, dit-on, assure par sa maîtrise technique de la part d'un gamin de 29 ans !

The Last Days on Mars est sorti depuis longtemps en Angleterre, son pays d'origine. Il fut également présenté à Cannes en 2013. Premier film de Ruairi Robinson, The Last Days... nous narre les mésaventures de la première mission habitée sur Mars, dont les occupants découvrent des indices d'une vie bactérienne. Tout cela fleure bon les bandes SF des fifties, ce que revendique sans complexe le réalisateur. Une fois la madeleine de Proust avalée, même le fan le plus acharné de Forbidden Planet, de Robby et du Dr Morbius, s'ennuie quelque peu...

 

Comptez sur le Passeur pour vous confirmer ou vous infirmer tout cela dès le 29 janvier ! 

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 19 Janvier 2014

AUTEUR
Daniel Rezzo
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