Edito
Humeur festivalière - jour 0

 

Mon deuxième Festival de Cannes. Si j’avais imaginé cela un jour. Motivé par ma première expérience, j’ai développé avec l’aide de notre talentueux webmaster Michaël un site qui accueille à présent dix rédacteurs, feu le blog. Fort de cette évolution salutaire, la critique est faite pour être débattue, partagée et confrontée, j’espérais glaner une accréditation supérieure. Car à Cannes les journalistes ne sont pas tous logés à la même enseigne. Il y a les titulaires du badge jaune dont je faisais partie la première année, condamnés à de longues files d’attente avant chaque séance et les autres qui patientent moins sous la pluie (car il pleut pendant le Festival), les bleus, les roses, les roses pastilles et les blancs, espèce supérieure qui entre dans la salle à l’heure de son choix et sans faire de file. Les autres patientent aussi mais moins longtemps et ont la garantie de rentrer dans la salle ce que nous, les jaunes, n’avons pas. Nous sommes parfois refoulés quand la salle est pleine et devons alors nous diriger vers une autre séance, tardive. Les journées sont dès lors plus longues et plus hypothétiques. En arrivant la veille, ragaillardi par des vacances insulaires ensoleillées, j’étais rempli d’espoir. Dans la file des accréditations, je fantasmais en bleu… Welcome back on earth, le jeune homme aux yeux lapislazuli perçants me tend une carte jaune. Tant pis, je retrouverais avec plaisir mes binômes de queue comme j’aime à les appeler. On bavassera fébrilement dans les files en pariant sur nos chances de succès à rentrer dans les salles.

Nous nous retrouvons dans un bar non loin du Palais des Festivals pour fêter cette 66e édition prometteuse. Il y a autour de la table mon meilleur ennemi de Filmosphère, Dom de Silence Action, François-Xavier de Cut, Helen de Radio Canada, Fred notre passeur émérite et Vincent l’inaltérable voix de Kaboom. Autour de la table les avis sur les films pleuvent, certains en ont déjà vus quelques-uns en projo presse, d’autres en déconseillent formellement sur base de rumeurs ou d’ouï-dire. Devant nous défilent les grands noms de la critique belge, Philippe Reynaert, Hugues Dayez et Cathy Immelen, Fernand Denis et ceux de la presse française, Lalanne, Goldberg des Inrocks, Lepastier des Cahiers, ceux de l’Humanité. Partout autour de nous grouille le désir d’en découdre avec cette sélection qui devrait, sur le papier, rompre avec l’austérité ennuyeuse ou radicale de la précédente. Les futures Palmes d’Or se murmurent d’ailleurs à la table, grand vainqueur des pronostics Le Passé de Farhadi que certains ont vu et portent déjà aux nues, Kore Eda est aussi cité, tous comme les Coen d’ailleurs. Je me risque à parier sur le film hollandais Borgman dont le Jury ignore jusqu’au nom de son réalisateur cfr la conférence de presse du Jury du lendemain. Nico, Dom et Helen nous quittent. Nous dînons donc entre hommes revivant les heures sévères de la dernière édition. Je suis toujours aussi admiratif de la science de mes camarades, aucun film des 30 dernières années ne semble leur avoir échappé. Je les écoute religieusement en sirotant du rosé me risquant tout juste à prétendre que dans la critique j’aime davantage l’écriture que le sujet, bien souvent en dessous de mes attentes. Celles-ci sont pourtant basiques, la surprise et l’émotion.

Je suis alors parcouru d’une étrange sensation. Celle de l’immobilité du temps. C’est comme si j’étais replongé un an auparavant. Tout est exactement à la même place, les visages, les lieux, les décors, l’agitation nerveuse et impatiente. A une différence près et tout à fait personnelle, je n’ai plus l’appréhension de la découverte. Je suis en terrain connu et conquis. Je ne sais toujours pas très bien comment j’en suis arrivé là, à réaliser un rêve dont je ne parviens pas à faire mon métier mais qui m’occupe l’esprit la majeure partie de mon temps. En rentrant légèrement imbibé et en gagnant comme l’année dernière les hauteurs de la ville, je réalise simplement que je suis parfaitement là où je dois être. 

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brigitte drouviotis
21 Mai 2013 à 13h20

youpieeee je commence à lire tes chroniques , avec du retard :-) bon festival

Pitu
16 Mai 2013 à 22h56

Oui les chroniques de Cannes, mes moments préférés du passeur/

dim
16 Mai 2013 à 22h51

C'est parti... la chronique du festival.
Cool.

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Critique mise en ligne le 16 Mai 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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