Edito
Humeur festivalière - Jour 1

 

Exceptionnellement je peux me lever à 8h pour ce premier jour de compétition. Après et jusqu’à la fin ce sera le même tarif, 6h30 tapante ! Etonné et pointant l’oreille contre les stores, je ne perçois aucun bruit de pluie. Je n’ouvre pas les volets de peur de réveiller mon colocataire qui dort dans le salon et me laisse sa chambre pendant la quinzaine. Oui, j’ai de la chance. Dehors quand je quitte les lieux une demi-heure plus tard, je constate que j’ai oublié mon parapluie, tant pis le soleil brille. La météo a pourtant annoncé une pluie battante.

Premier arrêt au café où j’ai pris mes habitudes l’année dernière. Thé vert et croissant. Nouveau patron, même comptoir avec le Nice Matin spécial Cannes. Je le feuillette. Ils annoncent que cette édition est plus prometteuse que la précédente et dénoncent le Palmarès de Nanni Moretti qui n’aurait attribué que des prix aux films dont il partageait le distributeur. Mouais…

M’en vais faire ma première file. Exceptionnellement Gatsby le film bling bling qui fait l’ouverture, hors compétition, est présenté à la salle Debussy 1300 place (4800 accrédités presse, vous faites le calcul). On se retrouve dans la file avec François-Xavier. Pas tout devant. Il y a eu des plus matinaux que nous. Tout devant dans la queue des jaunes hein ! Mais bon vous avez compris les histoires de couleurs. Après une heure vingt d’attente, on rentre. Assez mal placés sur le côté droit, complètement au-dessus et excentrés par rapport à l’écran. Même avant que le film ne commence une « bonne femme » (expression familiale que j’emploie à bon escient pour la circonstance) flanquée d’une grosse paire de lunettes de soleils à 10h du mat dans une salle de cinéma me shoote dans le siège à 5 ou 6 reprises. Ca n’augure rien de bon.

Le film démarre, je m’ennuie déjà prodigieusement ! Une scène au milieu sauve le film, DiCaprio qui tremble comme une feuille à l’idée de revoir Mulligan qu’il aime depuis toujours mais qui est remariée. Ce type sait tout jouer et même ce que De Niro n’a jamais su faire, le mec amoureux ! Par contre la grande fausse rousse sortie d’une boîte de nuit pour vampires continue d’éclater le dos de mon fauteuil à grands coups de talons. Je procède à trois ou quatre mises en garde. Je maugrée le ciel et la terre dans ma barbe, me réinstalle nerveusement, abuse de « Mais enfin, c’est pas possible », me retourne avec un regard de tueur, rien n’y fait ! Pire elle se lève, trébuche sur son voisin avant d’aller vomir dans les toilettes. 5 min plus tard, elle est de retour. Elle continue sa partition en grosses caisses. Je me retourne alors, lui saisis le genou, l’interpelle en français, puis en anglais. Aucune réaction. Je broie alors son genou, et là sa grande carcasse famélique et blafarde se relève du siège et un mort vivant me souffle une phrase inaudible son haleine fétide fouettant mon visage. C’est peine perdue. Je ne sais donc pas si c’est elle ou les grandes plongées nerveuses de la caméra de Gatsby sur la ville numérique de New York qui m’ont collé la nausée mais je ne fais pas le malin ce matin. Fissa je file en salle de presse pour balancer ma critique au monde qui s’en moquera, tu penses ! Je croise le dos de Carrey et la nuque de Leo quand la salle habituellement calme est assiégée de photographes excités.

Nouvelle salade à 14h en compagnie de Nico Gilli. Enorme attente au soleil le long de la croisette. Curieuse première journée avec seulement deux films au programme dont un à 10h et l’autre à 19h. Soit… Nous sommes conviés à la soirée Miss Cannes par des filles de plus de deux mètres juchées sur des gratte-ciels peu gracieux. Il est peu probable qu’on s’y rende. Dehors c’est le même cinéma, des bagnoles improbables qui valent un million qui passent devant des yachts à un million le mètre. Des badauds sur-bronzés, des petits caniches avec des nœuds dans les poils, des mecs en smoking à 14h et au loin des nuages menaçants. Le temps de grimper à la salle de conférence et de prendre en cliché le bon Spielberg et la délicieuse Kidman qui subira un traitement de faveur particulièrement sévère sur la page facebook du passeur.

A peine arrivé dans la file d’Heli, le film mexicain annoncé comme radical (scène de torture d’enfants au programme), ça tombe dru. François-Xavier que je retrouve là vient d’acheter un petit parapluie, il avait aussi oublié le sien. 1h30 sous une tempête. Basquets ou bottes imperméables, les pieds sont trempés. Dans la salle, assis au dernier rang je maudis le film qui nous force à regarder des scènes affreuses au-delà de ce que je pouvais imaginer. C’est évidemment pire qu’un film d’horreur puisque ça se veut ultra réaliste. J’aurais dû quitter la salle comme mon camarade Frédéric, il a fait le bon choix.

Je quitte la salle seul, me trouve un japonais ultra cher où il passe de la musique très fort avec un gros service de sécurité à l’entrée, genre boîte de nuit dans l’Upper East Side. Je rentre toujours sous la pluie à mon appart, 25 min d’une marche soutenue. Je tombe dans mon lit, rédige péniblement la critique d’Heli. Sans doute un de mes plus mauvais papiers du Festival, puis alors qu’il est passé minuit, je m’abandonne à la mélancolie et écris la première humeur de la quinzaine. 5h plus tard le réveil sonne… La suite demain.

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :

Cyrille
18 Mai 2013 à 20h17

Désolé Pitu mais je prends des photos avec mon téléphone et elles sont souvent pourries. Il faut de plus qu'elles soient sur un site pour que je puisse les charger donc j'essaierai à partir de demain d'en poster. Bises

pitu
17 Mai 2013 à 18h10

merci pour la chronique.

A quand aussi les photos off qui seraient raccord avec la chronique au lieu des photos glamours :-)

Allez bonnes toiles!
Critique mise en ligne le 17 Mai 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
[826] articles publiés

Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES