Edito
L'année 2013 en 13 scènes

Parce que le cinéma est avant tout une histoire de plans et de mouvements donnant parfois lieu à des scènes. Voici les 13 scènes qui m'ont marqué cette année, le classement n'a que peu d'importance.

On ne peut démarrer ce kaléidoscope aux souvenirs que par l’inouï plan séquence d’ouverture de Gravity où l’immersion est totale et instantanée, bulle temporelle dans l’espace où tout se suspend, les corps et le regard. Après la fin du monde en 2012, la renaissance.

Une année 2013 en mouvement donc, se révoltant contre le pouvoir corrompu et cupide comme le résume la plus belle cascade de l'année, virevoltante séquence du double train dans The Lone Ranger préférée à la rivière tumultueuse du Hobbit tout aussi spectaculaire mais plus artificielle. 

Dans le même ordre d'idées, l’attaque du premier wagon dans Snowpiercer provoque la chair de poule parce qu’elle est parfaitement exécutée et montée mais surtout parce qu'elle est le premier élan d’une révolte en sourdine prête à hurler crescendo tout au long de la pellicule. 

Que dire du plan d’ouverture de A touch of sin modèle de mise en scène, un western où la moto s’est substituée au cheval, construite sur une gestion du temps implacable, elle délivre le nerf du film en quelques plans ciselés.

La scène du premier combat entre les somptueux Zhang Ziyi et Tony Leung dans The Grandmaster n’a dû souffrir aucune comparaison cette année au niveau de la chorégraphie des combats et de la sensualité qui se dégage de cet étrange ballet aérien où les corps se frôlent avant de s’effleurer. La plus belle scène plastique de l'année sans nul doute.

Stupéfaction ! A la vision de cet étrange diable écarlate fluo qui a soudainement surgi dans l’univers de Post Tenebras Lux, hantant les couloirs d’une demeure où le mal s’instille avant que plan démentiel un homme ne se décapite à la force de ses bras au beau milieu d’un champ. Inexorablement collé à ma rétine et à mon inconscient.

Le crash miraculeux de Flight est la belle surprise de l’année avec le retour en force de Zemeckis qui montre qu’il n’a rien perdu de son savoir-faire. Denzel Washington, imbibé, aux commandes d’un Boeing qui se retourne. Renversant et retors. 

La Grande Bellezza est un film de mise en scène pure. On aime ou on déteste, n’en déplaise aux esprits chagrins, Sorrentino fait du cinéma et son envol de flamants roses d’un balcon romain est une splendeur.

Le cinéma du dialogue chez Tarantino évidemment où dans Django Unchained Dicaprio atteint des sommets de tension quand il pète un câble et explose un verre en cristal avec la paume de sa main. Quentin laissera tourner la caméra avec flair. L'acteur de l'année évidemment.

Que dire de la scène de défonce chez Scorsese dans son loup cynique. DiCaprio encore et Jonah Hill ne parviennent plus à tenir debout. DiCaprio rampant jusqu’à sa voiture à moitié paralysé par les psychotropes. Le fou rire de l’année.

Forever Spring Breakers. Le reprise d’Every Time de Britney Spears au piano voix par James Franco et ses trois bitches en mitraillettes et cagoules roses bruits de mouettes dans le fond avant que Britney n’entonne sa chanson sur fond de ralentis violents.

La scène finale de Pieta, un des mal aimés de l’année 2013, le génie de Kim Ki Duk est pourtant de contenir toute l’horreur d’un film et du monde en un seul plan, celui-ci est déchirant et laissera une trace indélébile.

Plus beau encore que le dernier plan de Pieta un double plan qui se répond magnifiquement éclairé par les visages sublimes de Robin Wright et Mads Mikkelsen. Le plan d’ouverture du Congrès où le visage de l’actrice est en larmes en écoutant le constat de son manager Harvey Keitel, lui en hors champ. C’est la fin de sa carrière, s’ouvre alors pour elle la voie de l’immortalité numérique. Le plan final de Michael Kohlhaas rappelle combien Mads a un visage formidable et toute l’incompréhension d’une justice aveugle le foudroie alors que le couperet s’apprête à tomber.

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Critique mise en ligne le 09 Janvier 2014

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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