Edito
La Guerre des Abimes & La Salamandre

Comme un appel aux cinéphiles assidus, Elephant Films propose deux jaquettes sublimes à l’esthétique joliment datée pour ces deux ré-éditions. Un Titanic immergé d’eaux profondes et des flammes orangées sous les projecteurs d’étranges sous-marins pour La Guerre Des Abîmes et le visage d’Anthony Quinn, grave et marqué, entouré de ceux de Franco Nero, Christopher Lee, Claudia Cardinale et Eli Wallach pour La Salamandre. Outre la réelle beauté des visuels, les deux films proposés possèdent une thématique unique (la guerre froide) et ce même charme suranné qui réjouit les amateurs de ciné ainsi que les chineurs perdus.

La Guerre des Abîmes (Raise the Titanic) c’est la réinvention d’un mythe - celui du Titanic - bourré d’incohérences historiques comme de cœur cinéphile. Une équipe américaine est envoyée au tréfonds de la célèbre épave pour y récupérer un précieux métal nommé Byzantium. Mais les soviétiques zonent aussi dans les alentours. Un envisagement de cinéma qui, même privé de ses essentiels, cherche la beauté, l’inventivité partout, tout le temps et ce, même là où ses qualités n’existent que brièvement. Un cinéma qui veut plaire et bercer malgré ses évidents défauts. Il y a, ici, un certain désir de bien faire, de proposer un spectacle parfois compliqué à suivre mais souvent prenant. Les opérations y sont détaillées à l’excès et parfois difficilement crédibles mais le cinéma surnage l’ennui et emporte le sens premier, le goût de l’aventure en mer, sur terre ou sur écran. La mise en scène y est soignée et rendue spectaculaire par la gargantuesque somme d’argent investie.

Les deux films jouissent aussi des mêmes qualités musicales. Si John Barry apporte une certaine grandeur épique aux fonds marins, Jerry Goldsmith relève également le défi du film d’espionnage dans La Salamandre, avec un souffle certain sur une Italie vérolée par les pouvoirs mal distribués. Dans les deux cas, les anglo-saxons expirent la chaleur de leurs airs sur la guerre froide.

Partageant bon nombre de qualités et défauts avec le film pré-cité, La Salamandre est tout aussi improbable dans son écriture (difficile d’ailleurs de résumer l’intrigue et d’éviter de revenir sur certains dialogues risibles) que charmant à regarder. Son esthétique baroque et sa bande son lui donne une ambiance plus qu’agréable. L’air frais, lumineux et délicieusement sonore des matinées italiennes, la ville et ses clochers pour inspiration supplémentaire à la musique, les décors, les lieux splendides, comme un voyage au delà des clichés du genre, vers un sud revigorant. Mais le film est aussi fort ardu à suivre, l’intrigue se complique inutilement et finit par se manger la queue. Un comble pour un réalisateur qui fut monteur, entre autres, des deux premiers volets du Parrain.

Côté technique les deux galettes ne sont pas sans défauts. Raise The Titanic offre quelques coquilles dans les sous-titres et un format (2.35) difficilement adaptable au 16/9ème de l’écran de télévision. L’image se voit donc bordée de noir. Dommage pour un pareil spectacle et une si belle photo. Quant à La Salamandre, l’image artistiquement diffuse y est aussi techniquement granuleuse une (meilleure) restauration n’aurait pas été malvenue. On soulignera tout de même le risque pris par le distributeur de ressortir de pareils plaisirs obsolètes et bides commerciaux lors de leurs sorties.

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 03 Mars 2015

AUTEUR
Lucien Halflants
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Rédacteur aux textes ouverts à travers une forme souvent lyrique. Et puisqu'en matière de...
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