Edito
Lettre ouverte à Omar Sy

Cher Omar,

 

C’est pour beaucoup une évidence qu’il est presqu' inutile de rappeler, mais tu es génial. Pas au sens le plus littéral du terme. Tu n’as pas ce génie dont certains de tes collègues peuvent se targuer. Mais une sympathie qui frôle l’indécence pour les gens qui - comme moi – ne peuvent se vanter d’une telle qualité. Une gentillesse universelle qui tiendrait de la grandeur. Tu es incroyablement drôle et sympathique, tu es agréable, attachant et bonhomme. C’est en tous cas ce que tu dégages. Et c’est pourquoi les gens t’aiment, je crois.

C’est aussi pourquoi je t’envie. Tu as, ou plutôt tu représentes, tout ce qui rend la vie belle, paraît-il. Le sourire, le groove, la classe, la gloire, l’argent, et depuis peu une infinie reconnaissance. Tu as même un César, Omar. Mais le plus dingue : tu tutoies Denisot ! Tu lui dois beaucoup, non ? Tes débuts avec Fred et puis la suite aussi. Testot est moins doué que toi, moins adorable peut être, moins typé certainement… D’ailleurs, cher Fred, … Mais non, je garde ça pour une prochaine bafouille. J’ai entendu dire que tu aurais rencontré Fred Testot à la radio. Est-ce vrai ? Et que ce n’est qu’après que vous auriez grandi ensemble, que vous auriez évolué pour mener ce duo à l’humour lourdingue, souvent récurrent, parfois drôle, vers la gloire, vers votre gloire. Vers ta gloire surtout.

Plus tard, tu te dirigeras vers le cinéma, on t’y guidera. Les lauriers promis. Et c’est un talent de tes amis cinéastes d’avoir pu utiliser ton être en entier pour le vendre aux toiles et  l’y exposer. On t’y reconnaîtra clairement avant (pour ma part) de te découvrir autrement, de découvrir d’autres toi, d’autres substituts de ta personne, d’autres rôles à ta mesure. Rarement de grands méchants. Mais le fait est, Omar, qu’avant Intouchables, je n’ai pas beaucoup de souvenirs de toi sur grand écran. Peu de films ont trouvé grâce à mes yeux. Peut-être pas les bons pour apprécier ton art d’alors. Malgré ça, aujourd’hui, je me souviens de toi. Bientôt on pourra te voir dans de nombreux films américains, dont Jurassic World. Demain, je me souviendrai encore de toi.

D’ailleurs, Omar, qu'est-ce qui t'attire tant Outre-Atlantique ? (On dit que tu t’y serais d’abord déplacé en vacances) En as-tu assez des comédies franchouillardes ? Cherches-tu à troquer ton sourire de feu contre un flingue et un sérieux souvent malvenu entre l’une ou l’autre explosion numérique ? Ne m’en veux pas pour toutes ces questions mais tu comprendras mon étonnement de te voir t’expatrier vers Hollywood. Toi, le bon français de Trappes, te voir t’éloigner loin de ta langue, de ton humour, de tes débuts, te rapprocher de tes rêves, d’une certaine plénitude qu’un acteur devrait fuir. Tout cela fait un peu peur. Mais un jour, j’en suis sûr, tu illumineras leurs plateaux télé. C’est là que tu excelles et ça pourrait leur faire du bien à ces ricains, de rire autrement, « à la française ». Et puis, au final, les écarts ne se feront peut être pas tant ressentir.

Un dernier mot sur tes ambitions de mise en scène. J’ai lu quelque part sur le net que tu préparais un film signé Omar et Fred. Il sera drôle, on peut s’en douter, mais n’oublie pas qu’au cinéma, les gags ne se suffisent jamais à eux-mêmes. Les latences télévisuelles du format court ne te sauveront plus. Tu auras besoin de rigueur, de rythme et de mouvement. Un truc qui balance du bois, quoi. Travellings, cuts, dollys tout le bazar. Mais non, pense surtout à nous donner du plaisir et à tes acteurs aussi. Remercie-les. (Ils viendront certainement plus par amitié que par ambition) Fais nous rire, Omar. Ce sera déjà un bon début. Et puis le cinéma ne se décline pas toujours en travellings et gros plans et c’est tant mieux.

Maintenant good bye, mais surtout n’oublie jamais que si l'on t’aime tant c’est surtout pour ton rire et ton sourire qui parfois se taisent pour en dire long, bien plus long sur qui tu es : peut-être, probablement, un homme bon. Mais qu’en sais-je ?

 

Prends soin de toi et de ton anglais,

 

Lucien.

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 20 Octobre 2014

AUTEUR
Lucien Halflants
[130] articles publiés

Rédacteur aux textes ouverts à travers une forme souvent lyrique. Et puisqu'en matière de perce...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES