Edito
Gérardmoi épisode 2

 

 

 

Gérardmer 2014

Scandale ! Mon accréditation est rouge pâle. Infamie ! Cette année, les gars du festival ont redistribué les cartes et les privilèges. Les choses sont plus simples mais injustes pour les rédacteurs de nos humbles blogs. Je m'explique. Les films sont projetés dans quatre salles. La plus grande abrite les séances des films en compétition. C'est l'Espace Lac. A l'Espace Lac, il y a trois catégories de spectateurs. Les rouge vif, caste culturelle sans âme, ont l'immense privilège de passer devant tout le monde. C'était mon cas l'année dernière... Trop nombreux peut-être, les blogueurs sont relégués aux côtés des spectateurs lambda, autrement dit ceux qui paient leur place ! Oui, nous partageons la queue des payants, ceux qui nous lisent, ceux qui ont un vrai travail ! Baume au coeur, nous évitons la queue des intouchables, ceux des pass séance.

Alors, quand je vous dirai que les autres salles ne font même pas la distinction entre les spectateurs, laissant la place à une grosse queue informe et turbulente, vous comprendrez que Reporters Sans Frontières est sur le coup. Ca ne se passera pas comme ça Messieurs !

En attendant que mes démarches fassent effet, je me les gèle... Mais le programme m'a permis de donner plus de lumière à mon triste rouge.

Mes trois premiers films (Mindscape, Static et Dark Touch) mettent en image des enfants, leurs fragilités et leur pouvoir parfois sanguinaire. Dans Mindscape, une jeune fille manipule un mentaliste. Dans Static, un gamin meurt dès le début et dans Dark Touch, c'est toute l'enfance qui s'expose, qui meurt et qui se venge.

Dark Touch, déjà vu par Greg, a exercé chez moi une impression faite de fascination et d'admiration. Marina De Van, dont je suspectais les compétences après Ne Te Retourne Pas, développe un film d'une subtilité étonnante sur les ravages des mauvais traitements imposés aux enfants. Missy Keating (fille d'un chanteur de Boyzone, ça fout un coup de vieux) fait ses débuts de petit diable de manière fantastique.

Saviez-vous que les réactions physiologiques à un stress sont exactement les mêmes qu'on les vive dans la vraie vie ou sur écran ? Ce qui fait la différence, et le plaisir cinématographique, c'est notre conviction que l'écran nous protège de ce qu'on voit. C'est ainsi que nous, fans déviants, prenons un plaisir incommensurable à voir les pires horreurs. Tout est une question de cerveau primitif. Dans les tréfonds de notre cerveau, notre système limbique réagit à ces émotions primaires (peur, dégoût) mais libère les réactions négatives habituellement associées à ces sentiments. C'est tout le sel du film d'horreur classique, qui fait peur et rigoler, sans trop faire réfléchir.

Ce que Dark Touch réussit, c'est de solliciter tout le néocortex. Le film nous emmène au-delà du plaisir simple. Notre lobe temporal accentue l'identification et fait résonner notre propre histoire au gré des événements sur l'écran. Nos lobes frontal et préfrontal s'immergent dans ce doux travail d'interprétation et de réflexion sur les thèmes abordés.

Je suis convaincu que le dernier effort de Marina De Van plaira au jury et, allez je m'avance, devrait emporter l'un ou l'autre prix.

On n'est peut-être pas à Gérardmer pour rigoler mais après ces pellicules tourmentées, Bounty Killer et Discopathe m'ont permis d'exciter mon système limbique et de reposer mon néocortex. Les queues, elles, restent toujours aussi froides.

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

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Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 30 Janvier 2014

AUTEUR
Daniel Rezzo
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