Edito
Rentrée Cinéma

 

Pour la plupart d’entre nous, les vacances se sont achevées sous un ciel triste larvé de crachin automnal. Le cinéma, refuge centenaire, permet d’oublier cette déconvenue et l’épineux retour aux affaires. L’année est déjà riche, dense, sans doute la plus belle depuis 2011 emportée par son trio Melancholia, Tree of Life et Black Swan. 2014 n’est en effet pas en reste, l’été a été dominé par le splendide Le Conte de la Princesse Kaguya, talonné par l’œuvre d’une décennie, le nostalgique Boyhood, et conforté dans sa qualité par l’objet rare, ovniesque aime-t-on écrire, Under The Skin. Si vous ne les avez pas encore vus, on vous conseille de les rattraper prestement, la durée de vie d’un film en salles a tendance à se réduire de plus en plus.

Mais que nous réserve la rentrée ? Voici les films que nous vous conseillons d’aller voir en salles d’ici la fin de l’année. A vos agendas !

Septembre

Le très inspiré L’institutrice (10 septembre) de Nadav Lapid lancera les hostilités sur fond de poésie spontanée. Le réalisateur du film Le Policier délivre un petit bijou de mise en scène en quête d’une beauté perdue, celle du verbe automatique. La semaine suivante, on découvrira le nouveau Benoît Jacquot (Les Adieux à la Reine), Trois Cœurs (17 septembre) avec son casting haut de gamme (Benoit Poelvoorde, Chiara Mastroianni, Charlotte Gainsbourg et Catherine Deneuve) mais également le furieux Mange tes morts  (17 septembre) de Jean-Charles Hue (La BM du Seigneur). La famille Dorkel de retour pour un film de genre entre western et film noir, tronches cassées en prime. Le 24 septembre sera chargé avec les sorties de deux films en compétition à Cannes, le premier, l'élégant Saint Laurent de Bonello (L’apollonide), expérience plastique bien plus inspirée que le très plat Yves Saint-Laurent de Lespert, le second, le puissant et tellurique Leviathan de Zviaguintsev, (Elena) prophétie apocalyptique d’une Russie en perdition rongée par la corruption. En plus, c'est très drôle ! Je ne plaisante pas.

Octobre

Le mois démarre par le splendide et incompréhensiblement oublié du palmarès cannois, Still the Water (1 octobre) de Naomi Kawase, rarement un film sur la perte d’une mère n’aura autant donné envie de vivre, c'est inspiré, habité et d'une douceur rare. Un film peut-il être pur ? Celui-là l'est ! La semaine suivante (8 octobre), encore deux films incontournables, le nouveau Xavier Dolan, Mommy, qui a mis la croisette à ses pieds et confirmé le réalisateur québécois au rang des plus grands directeurs d’acteurs avec son monstrueux trio Anne Dorval, Suzanne Clément et Antoine-Olivier Pilon dans une fresque familiale électrique et déchirante. Mais il faudra aussi compter sur le Gone Girl de David Fincher, un thriller qui s’annonce grandiose avec Ben Affleck en tête de gondole. Personne ne l'a encore vu, le mystère demeure. Le 15 octobre, difficile d’échapper au nouveau Nakache-Tolédano (Intouchables), Samba avec Charlotte Gainsbourg, Omar Sy et Tahar Rahim, il faudra pourtant trouver le temps d’aller voir le très sensible White Bird de Gregg Araki avec Shailene Woodley et Eva Green, film sur la construction identitaire d’une adolescente alors que sa mère a mystérieusement disparu, les deux actrices illuminent la pellicule dans des styles très différents mais ça fonctionne parfaitement. Cependant le choc de la rentrée pourrait être Bande de filles (22 octobre), le nouveau Céline Sciamma (Tomboy) qui a enchanté les festivaliers en mai, petite bombe de bonne humeur communicative. Les férus de Woody, quant à eux, s'abreuveront à la source du nouveau cru, Magic in the Moonlight. Le mois s’achèvera par un Chemin de Croix, celui de l’allemand Dietrich Bruggemann sélectionné à la dernière Berlinale et qui raconte les épreuves d’une jeune fille bien décidée à devenir sainte. Quel autre choix nous reste-t-il en ce moment ? Ça paraît plein de bon sens.

Novembre

Interstellar (5 novembre) marquera le retour de Christopher Nolan, deux ans après The Dark Knight Rises. Ce projet SF avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway et Jessica Chastain promet de faire couler beaucoup d’encre et de scinder les cinéphiles comme c'est souvent le cas avec Nolan. Tout aussi attendu la première expérience outre-Atlantique de Michael R Roskam (Bullhead), le surdoué réalisateur belge. Quand vient la nuit (The Drop – 12 novembre), un thriller avec Tom Hardy, James Gandolfini, Noomi Rapace et Matthias Schoenaerts excite déjà l'oeil. Le 19 novembre sera également chargé avec le nouveau volet d’Hunger Games – La révolte partie 1 mais aussi Eden, le dernier Mia Hansen-Love (Un amour de jeunesse), la petite chérie de la critique parisienne, sur l’émergence de la scène électro française dans les années 90. On observera avec attention le nouveau film de Feo Aladag (L’étrangère), Entre deux Mondes, centré sur la guerre en Afghanistan. Le 19 novembre, flopée de films cannois avec l’incontournable FLA de Djinn Carrénard sur le triangle amoureux et la difficulté de se laisser aimer, vous y découvrirez des nouveaux visages qui vous sembleront pourtant familiers tant ils sont talentueux. Semaine assurément punk avec le dernier Asia Argento, l’Incomprise, le nouveau Virgil Vernier, l’inclassable Mercuriales ou encore le pulsionnel Alléluia de Fabrice du Welz sur un couple de tueurs en série. Ce n'est pas ma came mais j'imagine que certains y trouveront matière à excitation.

Décembre

White God (3 décembre) de Kornel Mundruczo, prix Un Certain Regard, fable désenchantée sur la sauvagerie humaine qui tirera des larmes à qui a de l’empathie pour les animaux. On pleurera moins devant l'austère Mr. Turner de Mike Leigh mais on appréciera sa belle texture ou le jeu guttural de Timothy Spall, prix d’interprétation masculine à Cannes. On vous conseillera également de vous pencher cette semaine-là sur Charlie’s Country de Rolf de Heer avec la performance tout aussi fabuleuse de David Gulpilil, dans un très beau film sur l’impossibilité d’une vie aborigène au XXIe Siècle. Certes le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées sort le 10 décembre, mais arrêtez-vous sur Timbuktu de Sissako. Vraiment ! Difficile de traiter de l’extrémisme de manière plus réussie. Le 17 décembre, Dumb and Dumber De des frères Farrelly, la suite des deux attardés vingt ans après promet une régression toute en finesse, Jim Carrey est un dieu faut-il le rappeler. Le 24 décembre, du lourd avec Exodus de Ridley Scott, une relecture de la vie de Moïse, rien que ça. Christian Bale a les épaules solides, Russel Crowe a bien joué Noé. On est curieux de voir le biopic de Tim Burton, Big Eyes, sur le peintre Walter Keane et son épouse avec Amy Adams et Christoph Waltz dans les rôles phares. Le 24, toujours, deux surprises cannoises Cold in July de Jim Mickle qui signe le retour au premier plan de Don Johnson et Whiplash, Grand Prix à Sundance, sur une académie de musique où sévit un tortionnaire très Kubricien, immanquable pour tous les batteurs amateurs et professionnels.

Voilà pour le programme. En attendant, toute l'équipe du Passeur Critique vous souhaite une bonne rentrée !

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Critique mise en ligne le 25 Août 2014

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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