Top
En 10 films: Famille, je te hais !

Plusieurs membres de notre rédaction ont particulièrement apprécié Snow Therapy du suédois Ruben Ostlund (retrouvez notre interview par ici). Soit la désintégration d’une famille en quasi huis-clos, précipitée par l’acte de lâcheté du père.

En cet honneur, si vous aussi, vous aimez assister à l’implosion de cellules familiales sur grand écran, voici une liste de dix films d’horizons divers dans laquelle cinéphiles de tous poils devraient trouver matière à sustenter leurs esprits dérangés.

 

Qu’elle était verte ma vallée de John Ford (1941)

Si vous ne jurez que par le cinéma classique hollywoodien.

Souvent cité au panthéon des plus grand films d’un des plus grands réalisateurs de tous les temps, Qu’elle était verte ma vallée où John Ford délaisse l’Amérique pour le Pays de Galles. Après les paysans des Raisins de la colère, au tour d’une famille de mineurs de connaître décès, conflits, maladie, séparations mais aussi quelques joies, sublimées par la poésie Fordienne.

 

Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu (1953)

Si vous préférez la justesse à l’esbroufe.

Yasujiro Ozu ou le cinéaste des disfonctionnements familiaux. Si nombre d’autres films du maître japonais auraient pu figurer dans cette liste, Voyage à Tokyo met en scène plus de personnages et de situations qu’à l’accoutumée. Enfants lâches et ingrats, parents encombrants et rejetés, instants de bonheurs éphémères. Loin de l’emphase Fordienne ou de la flamboyance de Douglas Sirk, Voyage à Tokyo est un mélodrame subtil, pudique et intemporel.

 

Théorème de Pier Paolo Pasolini (1969)

Si vous êtes un dingue des métaphores religieuses filées.

Une famille bourgeoise bouleversée par l’arrivée d’un être quasi-divin. Un Terence Stamp christique entretient des rapports sexuels avec tous les membres d’une famille hypocrite qu’il fait voler en éclats. La fable sociale féroce d’un auteur à la fois marxiste, catholique, et prompt au scandale.

 

Les Damnés de Luchino Visconti (1969)

Si l’imagerie du 3ème Reich vous titille en secret.

La luxuriante demeure d’une famille d’industriels allemands névrosés se transforme en cocotte-minute suite à l’accès au pouvoir des nazis. Aristocratie, décadence, manipulation, inceste, meurtre… Dostoïevski et Shakespeare cités par un Visconti baroque, dont les audacieux débordements érotiques annoncent le cinéma de R.W. Fassbinder.

 

Sonate d’Automne d’Ingmar Bergman (1978)

Si vous êtes du genre à mettre du sel sur les plaies.

Une mère démissionnaire (Ingrid Bergman, aucun lien) accepte l’invitation de sa fille coincée (Liv Ullmann) et passe quelques jours à la campagne. Une nuit arrosée se mue en match de boxe où les vérités cinglantes sont les crochets et les révélations assassines des uppercuts. Le tout arbitré par la deuxième fille de cette mère égoïste, reniée pour cause de handicap. Le regard cruel du maître suédois, qui atteint ici un malaise paroxystique à la limite du supportable.

 

À nos amours de Maurice Pialat (1983)

Si vous aimez semer le trouble entre fiction et réalité.

Suzanne (Sandrine Bonnaire) a quinze ans et aime les garçons. Depuis que papa (Maurice Pialat) a quitté l’appartement, maman devient hystéro et son frère lui tape dessus. Le dernier acte du film a fait la légende de Maurice Pialat. Alors que l’ambiance sur le plateau est électrique, réalisateur réapparaît devant la caméra dans le costume du père à la surprise générale, pour cracher le fond de sa pensée torturée à l’ensemble des personnages. Ou des personnes ? Dans les deux cas, il pourrit bien l’ambiance.

 

Sitcom de François Ozon (1998)

Si vous aimez les festivals ciné-LGBT et Absolutely Fabulous.

Pour son baptême du long-métrage, François Ozon paie son tribut aux œuvres movida de Pedro Almodovar (Pepi, Luci, Bom… Et autres filles du quartier), à l’esprit trash de John Waters et surtout au susmentionné Théorème de Pasolini. En effet, Sitcom en est un lointain remake où un rat blanc remplace Terence Stamp. Malgré tout, la bourgeoisie française bon-teint en prend pour son grade.

 

Festen de Thomas Vinterberg (1998)

Si vos home-movies mal cadrés manquent un peu de sel.

Sensation épate-bourgeois du festival de Cannes 1998, le « Dogme 95 » y frappait par deux fois en compétition officielle. Premier coup avec Les Idiots de Lars Von Trier, deuxième avec ce Festen qui valut à Thomas Vinterberg le prix du jury ainsi qu’une brusque reconnaissance internationale. Depuis, le sadisme de ce jeu de massacre survolté irrite bien des spectateurs et Thomas Vinterberg a plusieurs fois déçu avant un relatif retour en grâce avec La Chasse. Festen, un film de son époque.

 

American Beauty de Sam Mendes (1999)

Si vous êtes un cinéphile paresseux.

Lester Burnham (Kévin Spacey), père de famille émasculé, ressuscite à la vision d’une nymphette. Obnubilé par son fantasme Nabokovien, Lester envoie promener boulot, femme adultère et gamine ado mal dans sa peau. Un film moins subversif que son sujet, qui reste une sympathique satire du culte des apparences au sein des suburbs bourgeoises. La révélation d’un cinéaste à suivre, Sam Mendes, qui revisitera la thématique quelques années plus tard dans Les Noces Rebelles.

 

Les Berkman se séparent de Noah Baumbach (2005)

Si l’étiquette « Sundance approved » ne vous fait pas fuir.

Pour terminer, on ne pouvait passer à côté d’un bon film de divorce. Jeff Daniels en écrivain has-been, sa femme, Laura Linney, se prépare quant à elle à vivre son heure de gloire. Rancœur, jalousie, ennui et le couple implose. Gardes partagées, chantages affectifs, les parents tombent de leurs piédestaux et leurs deux ados perdent les pédales. Inspiré de la propre expérience de Noah Baumbach, qui popularisera ensuite Greta Gerwig dans Frances Ha.

 

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 08 Février 2015

AUTEUR
Olivier Grinnaert
[95] articles publiés

Je fus initié au cinéma dans les années 80 par le gérant d'un vidéo-club pr...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES