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Le podium Jim Jarmusch

Jim Jarmusch est un bon client du Festival de Cannes. Bon nombre de ses films y ont été projetés. Pourtant son armoire aux trophées ne risque pas de s’écrouler. Tout démarrait sous de parfaits auspices avec une Caméra d’or pour Stranger Than Paradise en 1984. Mais cette récompense est maudite, aucun réalisateur n'a jamais réalisé le doublé Caméra et Palme d'or. Pire ce fût le désert jusqu'en 2005 et Broken Flowers qui obtint tout de même le Grand Prix. Cette année-là, le président Kusturica préféra L’enfant des frères Dardenne. Eh oui. Ce n’était pas la première injustice pour le plus poétique des réalisateurs. Ghost Dog, Dead Man, Only Lovers Left Alive, Mystery Train, Down By Law ressortirent bredouille de l’auditorium Louis Lumière. La seule Palme d’or qu’il glana c’est celle du court métrage de Coffee and Cigarettes qui deviendra un long en 2003.

Pourtant Jarmusch est un aqueduc élégant, un pont entre les arts, un bordage immense. Le sélectionneur de Cannes l’a compris depuis belle lurette. Il est surtout le cinéaste qui a parfaitement réussi à relier l’Europe et le Nouveau Continent. Ces personnages lunaires déambulent dans des scénarios très « nouvelle vague » tandis que sa mise en scène explore les voyages comme on sillonne l’Amérique. Géographiques dans sa trilogie urbaine (Stranger Than Paradise, Down By Law et Mystery Train) ou intérieurs dans Dead Man ou Ghost Dog. Voyage nostalgique dans Broken Flowers, éternel dans Only Lovers Left Alive. Ses personnages, merveilleux et désaxés marginaux hantent ses films à la rencontre d’une hasardeuse réponse... qui ne viendra sans doute jamais.

Alors qu’attendre de ce nouveau périple à l’épreuve dans Paterson où un chauffeur du New Jersey poète à ses heures parcourt une nouvelle fois l’Amérique du Nord ? Une œuvre qui condense les autres et qui trace sur ses chemins de traverse le portrait d’un pays en déliquescence. Cannes continuera-t-il à snober la poésie du dernier des beatniks ? La réponse dans quelques jours…

LE PODIUM

1. Ghost Dog : La voie du samouraï (1999)

Le film le plus accessible et plus musical du réalisateur, la confirmation du retour en grâce après Dead Man. Le plus beau certainement. Forest Whitaker, élégant samouraï des ghettos de New York, laconique tueur à gages qui regarde voler ses pigeons comme il voit tomber les têtes. La phénoménale bande son du groupe de rap RZA confère au film un statut mystique à cette splendeur. 

2. Dead Man (1995)

Jarmusch à travers ce voyage métaphysique vers la mort de son héros incarné par le meilleur acteur de l'époque, Johnny Depp, parvient à réaliser une épure à l'ampleur insoupçonnable. Western contemplatif où sous les riffs de Neil Young Depp rencontre Mitchum mais aussi retour vers les sommets après une période moins inspirée avec Mystery Train et Night on Earth.

3. Down by Law (1986)

Deuxième volet de la trilogie urbaine de Memphis également en noir et blanc comme Stranger Than Paradise, Down By Law explore diverses influences : bande-dessinée, néo-réalisme italien, série noire pour rendre hommage au cinéma de celui qu'il a vénéré jusqu'alors : Wim Wenders. Une histoire d'évasion soulignée par la musique de John Lurie et Tom Waits et magnifiée par la personnalité délirante de Benigni.

Grégory Audermatte : Ghost Dog / Dead Man / Night on earth
Alice Carlos : Dead Man / Mystery Train / Broken Flowers 
Cyrille Falisse : Ghost Dog / Dead Man / Broken Flowers 
Olivier Grinnaert : Ghost Dog / Down By Law / Dead Man
Manuel Haas : Ghost Dog / Down by law /Night on Earth
Lucien Halflants : Only Lovers left alive / Down by Law / Dead Man 
Margaux Latour : Stranger than paradise / Dead Man / Only Lovers left alive 
Jérémy Martin : Down by Law / Ghost Dog / Dead Man 
Emmanuel Raspiengeas : Ghost Dog / Dead Man / Broken Flowers 
Valse Noire : Mystery train - Broken Flowers - Night on Earth

 

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Sébastien
16 Mai 2016 à 18h46

Et le somptueux "The limits of control" ? Que vous ne l'aimiez pas (?), c'est une histoire de goût... mais vous ne l'évoquez même pas...
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Critique mise en ligne le 16 Mai 2016

AUTEUR
Cyrille Falisse
[975] articles publiés

Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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