Top
Le Podium Park Chan-wook

Après un Grand Prix pour Old Boy (2003) et un Prix du jury pour Thirst, ceci est mon sang (2009), le sud-coréen Park Chan-wook revient pour la troisième fois en compétition cannoise avec Mademoiselle, adapté du roman Du bout des doigts de la britannique Sarah Waters paru en 2002. Au menu: trahisons, complots, saphisme, le tout parfumé d’effluves gothiques. Du sur-mesure pour un cinéaste qui décida de son destin après une projection de Vertigo (1958).

Aux côtés d’Im Sang-soo, de Kim Jee-woon ou de Bong Joon-ho, Park Chan-wook est associé à une poignée de cinéastes coréens qui ont secoué le cinéma mondial au début des années 2000. Son haut fait d’armes, la fameuse trilogie de la vengeance, date maintenant de plus de dix ans et la côte d’amour pour le réalisateur de Sympathy For Mr Vengeance (2002) a sensiblement baissée. Gageons d’ailleurs qu’une partie de la presse francophone attend Mademoiselle avec circonspection. Peu attendu, il semble à la rédaction du Passeur Critique que Park Chan-Wook ait cette année une fameuse carte à jouer.

Capable du meilleur (le méconnu J.S.A. (2000)) comme du presque pire (Je suis un cyborg (2006)), Park Chan-wook a souvent péché par excès de coquetteries visuelles (le segment Cut de l’anthologie Three Extremes (2004)) ou narratives (le montage laborieux de Lady Vengeance (2005)). Sans cesse, le réalisateur joue les funambules entre tenue du récit et démonstration de virtuosité. En se frottant à une production hollywoodienne pour l’hitchcockien Stoker, l’auteur a su imposer sa patte dans un cadre plus contraint tout en mettant la pédale douce (entendons-nous, Park Chan-wook ne sera jamais Robert Bresson). D’autre part, le désamour qui frappe l’auteur nous prévient sans doute des excès de confiance boursouflés de Lady Vengeance ou de Je suis un cyborg, qui faisaient suite au carton d’Old Boy.  Espérons juste que Park Chan-wook trouve dans Mademoiselle une matière qui canalise suffisamment son attention pour garder ses jubilatoires effets de manche au service de son récit, et non pour l’en distraire.

 

LE PODIUM

1-Old Boy (2003)

Deuxième volet de la trilogie de la vengeance, inspiré d’un manga de Nobuaki Minegishi, le grand hit de Park Chan-wook. Oh Dae-su, incarné par le génial Choi Min-sik, se fait une place dans l’Histoire du cinéma marteau à la main.

2-Sympathy For Mr Vengeance (2002)

La découverte d’un talent singulier. Le récit désespéré, tragique et drôle, d’un sourd aux cheveux verts prêt à tout pour guérir sa sœur. Dans une plongée verticale, Park Chan-wook filme un enterrement au bord d’une rivière, troublé par l’intervention à contretemps d’un handicapé mental. Certains ne s’en sont toujours pas remis.

3-ex-aequo-Stoker (2013)

Première expérience de Park Chan-wook aux Etats-Unis pour un thriller qui marche sur les pas de L’Ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock (1943).

3-ex-aequo-Thirst, ceci est mon sang (2009)

Un projet de longue haleine, largement inspiré de Thérèse Raquin d’Emile Zola. Un prêtre (la star Song Kang-ho) se transforme en vampire suite à une énigmatique transfusion sanguine. À noter que le film existe dans une version longue qui enrichit considérablement les personnages secondaires et la thématique religieuse.

 

Gregory Audermatte : Stoker / Sympathy For Mr Vengeance / Old Boy

Cyrille Falisse : Old Boy / Lady Vengeance / Sympathy For Mr Vengeance

Olivier Grinnaert : Old Boy / Sympathy For Mr Vengeance / Thirst, ceci est mon sang

Manuel Haas : Sympathy for Mr Vengeance / Old Boy / Joint Security Area

Lucien Halflants : Old Boy / Thirst, ceci est mon sang / Sympathy For Mr. Vengeance

Daniel Rezzo : Old Boy /  Thirst, ceci est mon sang / Stoker

Valse Noire : Old boy / Lady Vengeance / Stoker.

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 14 Mai 2016

AUTEUR
Olivier Grinnaert
[95] articles publiés

Je fus initié au cinéma dans les années 80 par le gérant d'un vidéo-club pr...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES