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Mission Impossible en 5 scènes d'action

En 20 ans de bons et loyaux service au 7éme art, l'espion Ethan Hunt est devenu une figure incontournable du cinéma d'action contemporain. Depuis un premier opus en 1996 qui débutait sur le terrain du thriller paranoïaque pour se terminer par une course effrénée à bord d’un train lancé à grande vitesse, la franchise Mission impossible ne cesse de faire le grand écart entre récit d'espionnage paranoïaque et actionner survitaminé. Sur une partition sans cesse réinterprétée par de nouveaux réalisateurs, les scènes d'actions font partie intégrante de l'ADN même de la saga. L'occasion pour nous de se pencher sur les cinq séquences les plus marquantes d'une série qui semble se réinventer à chaque épisode.

INFILTRATION

Mission Impossible de Brian de Palma (1996)

Scène culte, revisitée à chaque nouvel épisode, le cambriolage du siège de la CIA à Langley reste une véritable leçon de mise en scène. Suspendu dans le vide dans une chambre forte ultra-sécurisée à l'architecture évoquant le 2001 de Stanley Kubrick, Tom Cruise doit accéder au fichier le plus sécurisé de la CIA. Après Hitchcock (Body Double/Pulsions), Hawks (Scarface) et Eisenstein (Les incorruptibles), De Palma revisite le climax du Topkapi de Jules Dassin et transcende son modèle par un sens aigu du découpage et du montage qui ne laisse aucun répit au spectateur. Le score de Danny Elfman fait place à un silence écrasant où le moindre faux mouvement menace de compromettre la réussite de la mission. Entre plongée et contre plongée, la salle retient son souffle et observe chaque geste de l'acteur, détaillé avec minutie par un Brian de Palma au sommet de son art.

FUSILLADE

Mission Impossible 2 de John Woo (2000)

Épisode le plus décrié de la série, Mission Impossible 2 reste, au-delà de l'indigence de son scénario et d'un Tom Cruise en roue libre, un pur plaisir coupable où la camera de John Woo ménage l'ego démesuré de son acteur principal tout en livrant une vision toute personnelle des fondamentaux du cinéma d'action. Derrière l'hommage appuyé à Notorious, Woo construit un véritable ballet de bruit et de fureur où l'action intervient pour mettre en lumière les sentiments exacerbés des personnages. Entre une scène de rencontre amoureuse sur fond de flamenco et une course poursuite en voiture filmée comme une scène de séduction, Woo rompt avec la froideur du premier opus pour proposer une interprétation plus romantique des aventures du célèbre espion. Point d'orgue de cette démarche, la séparation de Nyah (Thandie Newton) et Hunt au cœur d'une fusillade voit Woo reléguer la pyrotechnie à l’arrière-plan pour se concentrer sur le visage de ses comédiens et l'incroyable tension qui se dégage de leur regard. La marque des grands.

COURSE POURSUITE

Mission Impossible-Ghost Protocol de Brad Bird (2011)

Abstraction faite d'un troisième opus à l'esthétique télévisée et sans profondeur, Mission Impossible-Ghost Protocol regorge de morceaux de bravoure et balaie d'un revers de la main une décennie de blockbusters tournés caméra à l'épaule. Pour son premier film live, Brad Bird enchaîne les scènes spectaculaires sans temps mort avec un sens du rythme inouï hérité de ses années passées dans l'animation. Après l'évasion de Hunt au son du Ain't That a Kick in the Head de Dean Martin et l’ascension du Burj Khalifa à Dubaï, Bird lance Cruise à la poursuite de Michael Nyqvist en plein tempête de sable. Équipé d'un GPS défaillant, sans aucune visibilité Hunt avance à l'aveugle avant de se fracasser contre son adversaire. Dans un esprit très «cartoon», Bird malmène son acteur, réduit à une simple ligne de fuite, à la manière d'un personnage d'un dessin animé de Chuck Jones (Bip Bip et Vil Coyote).

COMBAT

Mission Impossible-Ghost Protocol de Brad Bird (2011)

Dernière scène d'action du film, l'affrontement de Tom Cruise et Michael Nyqvist dans un entrepôt de voiture à Mumbai évoque le meilleur du cinéma de Hong-Kong. Les plates-formes mobiles soulèvent les voitures et les assaillants dans un ballet mécanique incessant obligeant les adversaires à sauter d'un niveau à l'autre sans perdre leur équilibre. Bird étire la scène jusqu'à son point de rupture avec le suicide de Michael Nyqvist qui pousse Cruise à se transformer en projectile vivant pour assurer la réussite de la mission.

OPERA

Mission impossible - Rogue Nation de Christopher McQuarrie (2015)

Hommage renouvelé à Hitchcock et à L'homme qui en savait trop, la scène de l'opéra entièrement chorégraphiée sur le Turandot de Puccini, rivalise d’ingéniosité tant dans sa résolution que dans son exécution. McQuarrie retarde le moment fatidique de la mise à mort et fait monter la tension tout en usant de la profondeur de champ pour nous présenter les différents protagonistes du drame, de Simon Pegg et Tom Cruise à la sublime Rebecca Fergusson filmée comme une déesse guerrière. Résolument « old school », McQuarrie s'inscrit à contre-courant du rythme effréné des blockbusters actuels et souligne avec brio les liens qui unissent cinéma et opéra.

 

Réalisateur : La Rédaction

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 17 Août 2015

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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