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Top 10 des films préférés de Claire Demoulin

1-Mulholland Drive de David Lynch (2001)

2-Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman (1976)

3-Take Shelter de Jeff Nichols (2011)

4-Barry Lindon de Stanley Kubrick (1975)

5-In the mood for love de Wong Kar-Wai (2000)

6-La valse des pantins de Martin Scorsese (1983)

7-L’impasse de Brian de Palma (1994)

8-Valse avec Bachir d’Ari Folman (2008)

9-Une femme est une femme de Jean-Luc Godard (1961)

10-Dead man de Jim Jarmush (1996)

Mulholland DriveCombien de fois a t-on entendu cette histoire DU film capable d’éveiller le futur cinéphile au rôle central que le 7e art prendra dans sa vie ? Je regrette de ne pas faire preuve de plus d’originalité, mais c’est pourtant bien devant Mulholland Drive que quelque chose de relativement inexplicable s’est produit. Au croisement de l’histoire d’amour, de la vengeance et du deuil, c’est surtout une leçon de cinéma que nous enseigne Lynch. Partie rêvée, partie vécue ; Mulholland ce n’est pas une route à sens unique, elle ne s’arrête pas, elle est cyclique, comme le film. Lynch ne nous donne aucune vérité générale, simplement des clefs de compréhension, une clef bleue plus précisément. Complètement éblouie et captivée par le film. Lynch fait preuve de génie en nous gardant aussi attentif et avide d’indices à disséquer alors même que la construction filmique aurait pu nous perdre des dizaines de fois.

Vol au-dessus d’un nid de coucouPenser au film qu’on peut voir et revoir, au film qui nous accompagne dans à peu près tous les moments et à chaque état d’âme. Pour moi il s’agit sans conteste de Vol au-dessus d’un nid de coucou. D’une part pour la performance impressionnante de Jack Nicholson, au seuil même d’une grandiloquence qu’on retrouve 5 ans plus tard avec Jack Torrance. D’autre part, Milos Forman met en parallèle la folie et la révolte à l’état pur, sans jugement de valeur. McMurphy regorge de complexité, au point de se poser la question de la prédominance de sa volonté manipulatrice ou libératrice. Mais avant tout, c’est un homme qui cherche à être au centre de l’attention, à intéresser, à se faire voir. Et si je reviens toujours vers ce film, c’est qu’il a su gagner cette attention.

Take shelterPour son deuxième film, Jeff Nichols réfléchit à la question du point de vue et de la subjectivité. Que voit on vraiment ? A qui se fier ? Est-ce bien réel ? Ces interrogations nous troublent d’autant plus que le personnage principal est le seul à voir des tornades. Dans ce film, tout peut s’interpréter en fonction du point de vue adopté (celui de Michael Shannon, de sa femme, de la fille, des collègues, …). En proposant un film construit à la verticale (la tornade, la tranchée souterraine), Nichols réinterprète avec subtilité et modernité le mythe de la caverne de Platon, d’un homme renfermé dans sa grotte qui pense connaître la vérité, seul à la détenir, et qui tente d’en informer les autres. Voir et revoir ce film, c’est me rappeler qu’il n’y a jamais une vérité, une critique, mais une multitude d’avis à prendre en compte dans toutes les situations qu’elles soient quotidiennes ou cinématographiques.

Barry LindonL’œuvre de Kubrick recèle des chefs-d’œuvre, et Barry Lindon atteint un niveau d’excellence dans l’esthétique et la richesse visuelle que peut contenir un film. Comme dans tous ses films, les images et les codes picturaux s’ancrent, à l’instar des costumes ou des masques poudrés pour ce film. Barry Lindon, c’est aussi l’inspiration d’un répertoire musical classique, et la force de la portée de cette musique dans de nombreuses scènes. Stanley Kubrick avait déjà touché au film historique avec Les sentiers de la Gloire, mais cette fois-ci peut être plus encore, l’émotion des personnages, d’un homme finalement ordinaire, se superpose à une reconstitution méticuleuse du XVIIIe siècle irlandais.

In the mood for loveCe film est pour moi l’incarnation même de la beauté. La beauté qui effraie, la beauté qu’on n’ose rêver, ni toucher, la beauté du geste, la beauté de la retenue et du respect. Et pour l’atteindre, c’est une beauté sublimée par les corps, par les plans ralentis, par la musique douce, une beauté envoûtée par un rythme étiré et lent, par la capture de la caméra de l’intensité du regard. De la trahison initiale, on voit éclore une des plus belles histoires d’amour du cinéma : mélancolique, platonique, profonde, et condamnée à ne pas sortir de ce cadre. En un mot, une pépite.

La valse des pantinsLa filmographie des Al Pacino, De Niro, Jack Nicholson & Cie est étendue, riche et hétérogène. Et si l’exercice de ne choisir qu’un film de ses grands noms est souvent un exercice périlleux, c’est dans La valse des pantins, sans pour autant être son meilleur film, que Robert de Niro me séduit le plus. L’univers des paillettes et du spectacle régit la vie de ce comique méconnu, Rupert Pupkin, prêt à tout, jusqu’à enlever un présentateur pour jouer dans son spectacle, afin de toucher du bout des doigts à la célébrité. De Niro nous propose un personnage qui a perdu tout bon sens, dépassé par son rêve de succès, un personnage naïf, qui ne distingue plus les apparences de la réalité, et ne fantasme que sur la vie idéalisée de son idole. Excellent dans les rôles de mafieux, De Niro est encore plus touchant lorsqu’il incarne les faiblesses et les failles de l’homme.

L’impasseIl existe une pléthore de films sur la mafia qui brillent dans le paysage cinématographique, et l’impasse est pour moi un film qui y mérite sa place. Classique dans le traitement du genre, allure de film noir, c’est par son approche qu’il est plus original. En figurant un ancien détenu qui aspire à obtenir une deuxième chance et incarne la volonté de rédemption, de Palma fait un écho antithétique à son autre héro de mafia dans Scarface, lui poussé à l’inverse vers la gloire, la violence et l’argent. Dans les deux cas, c’est un Al Pacino qui croit pouvoir défier la fatalité, et qui dans L’impasse, ne peut se détacher des démons du passé. Mention spéciale pour le très bon jeu d’acteur de Sean Penn qui d’ailleurs, est méconnaissable.

Valse avec BachirC’est la rencontre inattendue et envoûtante entre le documentaire et l’animation. La question de la mémoire, qu’elle soit historique, nationale, personnelle, est une force constitutive pour chacun d’entre nous, et la fiction animée proposée ici par Ari Folman permet d’aborder ces problématiques de manière beaucoup plus récréative, sans en perdre pour autant une once de profondeur. Si la beauté du dessin me touche, concoure à développer le fictif et l’imaginaire, elle contribue en parallèle à rendre plus pesants les cauchemars qui hantent Bachir. La pate historique est bien présente, et nous avançons dans l’intrigue à coup de confidences de ces anciennes connaissances, telles les interviews explicatives d’un documentaire dit classique.

Une femme est une femmeTouche de féminité dans ce top 10 pour un film qui d’apparence pourrait reproduire les codes de la domination masculine (la femme fait le repas, lit Marie-Claire et cherry on the cake, travaille dans un club de strip-tease), mais qui aborde avec beaucoup plus de complexité les rapports homme-femme. Angéla est pétillante, caractérielle, déterminée, et se sert avec brio de sa plus grande force, son pouvoir de séduction. Au delà des clichés sociétaux, c’est bien elle qui domine ce triptyque amoureux. Une femme est une femme, loin d’être un des plus grands films de Godard, a cette simplicité et ce dynamisme qui me touche. On y voit la vie simplement, au gré de la liberté laissée à l’inspiration et à l’improvisation des acteurs.

Dead manWilliam Blake, personnage paradoxalement haut en couleur dans un film en noir et blanc, donne à Jim Jarmush l’occasion de se frotter au western de manière résolument satirique. C’est d’ailleurs sous sa direction que Johnny Depp offre à mon sens l’un de ses meilleurs jeux d’acteur. Dead man clôt donc cette liste pour son approche du genre, une critique habile et burlesque du mythe américain de la conquête de l’Ouest. Mais surtout, la frontière entre réalisme et surréalisme, entre cauchemar et imaginaire féerique est fine et souvent franchie. Il ne manquait que la musique de Neil Young pour sublimer le tout, c’est chose faite.  

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Critique mise en ligne le 29 Décembre 2013

AUTEUR
Claire Demoulin
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