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Top 10 des séries des années 2000

On pourrait appeler cela une révolution créative. Dans les années 2000, la télévision a poussé les séries à un niveau de qualité inédit. Les séries dramatiques de longues durée se sont imposées comme un référent culturel de l'époque, comme l'art dominant si l'on en juge par leur succès. Formellement elles ont réduit l'écart qui les tenait éloignées du cinéma et sur le plan de l'écriture, elles sont merveilleusement portées par des personnages ambigus, immoraux et aussi complexes que possible. Voici le top de la rédaction. 

1. The Wire de David Simon et Ed Burns (2002-2008)
2. Lost de J.J. Abrams, Damon Lindelof et Jeffrey Lieber (2004-2010)
3. 24H Chrono de Joel Surnow et Robert Cochran (2001-2010)
4. Les Sopranos de David Chase (1999-2007)
5. Breaking Bad de Vince Gilligan (2008-)
6. The Office US de Ricky Gervais et Stephen Merchant (2005-2013)
7. Doctor Who de Russell T. Davies (2005-)
8. Sherlock de Mark Gatiss et Steven Moffat (2010-)
9. Boardwalk Empire de Terence Winter (2010-)
10. Six Feet Under de Alan Ball (2001-2005)

The Wire : Considéré comme la meilleure série de tous les temps, cette plongée dans les rues de Baltimore est saisissante de réalisme et d'intelligence narrative. Construit sur 5 saisons, The Wire (Sur écoute) est une fiction qui a valeur de documentaire tant les milieux décrits sont passés au crible et d'ailleurs écrits avec la participation de sociologues et anthropologues qui ont vécu dans les quartiers pour alimenter le scénario. Sur fond d'insécurité sociale et économique, la série décrit les rapports entre une unité de police et le groupe sur lequel elle enquête (ce groupe varie à chaque fois). Chaque narration entraîne donc un travail d'écoute pour faire tomber des criminels. On y observe le travail de la police avec des personnages taillés sur mesure, les alcooliques, les paresseux, les éléments brillants et ceux qu'ils observent sans aucun manichéisme. Entrer dans The Wire, c'est pénétrer la densité d'un roman et comprendre les arcanes du pouvoir et la complexité kafkaïenne de l'administration.

Lost : Rarement une série n'avait autant passionné les gens et été à l'origine d'une fascination fanatique. Les aventures de ces rescapés d'un crash aérien perdus sur une île déserte surnaturelle a alimenté les forums de discussion pendant des années et la fin qui devait lever le voile sur tous les mystères distillés au cours des 6 saisons a créé une forme d'hystérie collective chez les losties. Alors qu'il y a un arc narratif continu, chaque épisode est conçu d'après une mécanique précise, flashback, flash-forward et cliffhanger. L'aspect métaphysico-ésotérique de l'ensemble a toutefois découragé pas mal de spectateurs en cours de route. Avec le dernier épisode de Lost, certaines séries feuilletonnesques ont perdu de leur superbe, on pense à Desperate Housewives, Grey's Anatomy, Prison Break, Heroes.

24H Chrono : Voilà peut-être celle qui aura tout changé. Célèbre pour sa relative unité de temps, 24 épisodes pour une journée de 24H, la série est extrêmement addictive et sa nature narrative va-t-en guerre assez cyclique a même résisté à l'usure du temps puisqu'il existe déjà 8 saisons et que la FOX annonce son retour pour 2014 (12 nouveaux épisodes sont prévus). Les rebondissements, suspense et split-screen sont les principales caractéristiques de la série avec ce héros national qui sauve toujours le monde à la dernière seconde d'une attaque terroriste (la peur post 11 septembre) et qui légitime aussi de par sa nature violente l'utilisation de la torture notamment. Les saisons ont fini par s'essouffler en se répétant trop. On remercie toutefois 24H d'avoir, avant l'élection d'Oboma, imaginé que les US pouvaient avoir un président noir en la personne de David Palmer.

Les Sopranos : L'actualité récente a été marquée par le décès soudain de l'acteur James Gandolfini qui incarnait à merveille ce mafieux angoissé Tony Soprano qui essayait de concilier les intérêts de sa famille et ceux de l'organisation criminelle qu'il dirige. Plus grand succès financier de l'histoire des séries TV, Les Sopranos ont convaincu le public et la critique qui en a souvent fait avec The Wire, la meilleure série de tous les temps. Traversée par une écriture très symbolique, Les Sopranos abordent au long des six saisons de nombreuses thématiques psychologiques, philosophiques et sociales. Des références au cinéma du genre aux scènes de rêves récurrents en passant par une sélection musicale splendide, sans oublier l'interprétation sans faille des comédiens, Les Sopranos ont bien révolutionné l'univers des séries TV.

Breaking Bad : Elle fait aussi partie des séries au scénario travaillé. L'histoire de ce professeur de chimie qui atteint d'un cancer en phase terminale décide de mettre sa famille à l'abri en se lançant dans la fabrication et la production de méthamphétamine est assez géniale sur le papier surtout qu'il devient petit à petit une figure du mal perdue dans un univers formel proche du western modern. La beauté de la série tient à sa manière de tout temporiser en permanence - tant au niveau des personnages que de l'intrigue que du noeud et de l'arc dramatique de chaque épisode, rythme trainant qui rappelle vraiment celui des frères Coen. Jamais la frontière, l'ambiguité sur un personnage n'a été aussi forte. Si bien que certains détestent Walter - l'homme qui ment tout le temps tout en le trouvant fascinant tandis que d'autres l'adorent tout en étant révulsés par lui. Mais qui est Walter White??? De la même manière que la série temporise tout (enjeux etc...), elle aura temporisé également les attentes jusqu'à étaler sur deux ans sa dernière partie...

The Office US : Nombreuses sont les adaptations US de sitcoms anglais mais peu peuvent se targuer d'avoir dépassé l'originale. The office, originellement créée par Ricky Gervais, décrit la vie d'une entreprise de vente de papier perdu en Pennsylvanie. Sous la forme d'un faux documentaire, filmée à l'épaule, les protagonistes exposent leur état d'âme devant la caméra. Porté durant 6 saisons par Steve Carrell en patron dilettante, la série s'achève cette année sans s'être véritablement essoufflée.

Doctor Who : Remise au goût du jour en 2005, la plus longue série de science-fiction au monde compte plus de 800 épisodes. Elle narre les aventures d’un extra-terrestre à forme qui montre un attachement particulier à la Terre et ses habitants. Doctor Who est une institution en Angleterre, capable d’attirer plus de 10 millions de Britanniques devant leurs petits écrans. Inaugurée à une époque où la science-fiction n’était pas monnaie courante à la télévision, Doctor Who vogue entre voyage dans le temps et dans l’espace et bataille contre des extra-terrestres ou des robots. Une liberté d’imagination que les scénaristes perpétuent encore aujourd’hui, au risque de paraître totalement kitsch. Mais qu’importe, Doctor Who est une série de fanboys avant tout qui aura laissé son empreinte dans la culture geek naissante des années 2000.

Sherlock : 6 épisodes. 2 saisons. Suffisamment pour que la seconde série de la BBC présente dans ce classement devienne culte aux yeux de nombreux fans. Dans une version contemporaine des aventures du détective d'Arthur Conan Doyle, Steven Moffat - à qui l'on doit déjà nombreux scénarios du Dr. Who - a su transcender sans dénaturer ce monument littéraire de Sa Majesté. Servis par un duo explosif entre le sociopathe Benedict Cumberbatch (que l'on retrouvera dans le rôle d'Assange dans le fifth estate) et le malicieux Martin Freeman (le Hobbit), la série est jubilatoire tant la mise en scène est punchy. Une série...élémentaire ?

Boardwalk Empire : En quelque sorte, Boardwalk Empire aura été la série qui abolira définitivement la frontière entre télévision et cinéma. Hormis une qualité narrative similaire à celle de The Wire, Boardwalk Empire se paye le luxe d'un casting cinq Etoiles : Michael Pitt, Steve Buscemi, Michael Shannon ou Stephen Graham se donnent la réplique sous la gouverne de Martin Scorcese pour le pilote, excusez du peu . Abordant les mafias locales au temps de la prohibition, la série dépeint une Amérique entre insouciance, reconstruction et naissance des mouvements féministes et revendications raciales. Un must absolu pour tous les fans de cinéma.

Six Feet Under : Nouvelle série familiale. On sort de l'univers policier ou mafieux pour aborder celui des pomps funèbres. Loin d'être macabre, la série est un bijou d'humour noir qui aborde de nombrex sujets de société. Les épisodes sont construits de manière binaire avec le point de vue d'un des membres de la famille fisher qui embaume le corps et celui des membres de la famille endeuillée. La force de la série vient de ses personnages attachants et de la diversité des thèmes brassés en osant aborder frontalement le tabou qu'est la mort. Puissant.


Le top 10 des séries des années 80
Le top 10 des séries des années 90

Ce top a été réalisé avec le concours de Michael Bastien, Antoine Corte, Cyrille Falisse, Manuel Haas, Lucien Halflants, Jérémy Martin, Frédéric Mercier, Viguen Shirvanian et Jérôme Sivien.

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volavoil
22 Août 2013 à 18h26

Tiens? Lost à 7 saisons?
Ha ben c'est pour ça que tout le monde s'est fait avoir! On en a vu que six ^_^
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Critique mise en ligne le 22 Août 2013

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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